• Peyo

    L’une des principales caractéristiques de la vieillesse repose dans la solitude que l’on peut ressentir. Peu à peu, nous voyons nos proches partir, et nos enfants mener leur vie normalement, de façon libre et indépendante, constituant à leur tour une famille. Ce qui représente le but et la fierté de tous parents est simultanément une source d’amertume.

    Peyo

    Si les maisons de retraite offrent aux personnes âgées une vie sociale plus importante que si elles restaient seules chez elles, il n’en demeure pas moins que leur solitude reste palpable, ne serait-ce que psychologiquement. Pour pallier celle-ci, un Ehpad de Dijon a fait l’audacieux pari d’accueillir un cheval, afin qu’il puisse tenir compagnie aux pensionnaires, et les rendre davantage heureux.

    La scène peut sembler surréaliste, comme une scène de L’Auberge Espagnole de Cédric Klapisch : un cheval se promène dans les couloirs d’un établissement médicalisé. Clopin-clopant, le cheval erre, passe devant des dizaines de personnes âgées qui le caressent dans des élans de tendresse et d’affection. Ce cheval, il a quatorze ans. Il s’appelle Peyo, et deux fois par mois il rend visite aux résidents de l’Ehpad des Vergers de Dijon, sous la surveillance bienveillante de son dresseur, Hassen Bouchakour. 

    Cette audacieuse initiative a pour but avoué d’améliorer le moral des patients. Il est médicalement prouvé que le contact avec un animal de compagnie a des vertus thérapeutiques, des effets bénéfiques sur la santé. Paradoxalement, nous pouvons ressentir plus de proximité avec un animal qu’avec un être humain, comme l’explique l’aide-soignante Sandrine Bougenot à France Bleu : 

     

    « Nous, soignants, nous pouvons travailler tous les jours, pendant plusieurs semaines pour établir un lien avec une personne malade, en vain. Lui arrive, et la personne va immédiatement lui parler, le caresser, parfois même se lever ».

    Le plus beau, c’est que Peyo a une totale liberté : il rend visite à qui il veut, se promène comme il le souhaite. Ainsi, il a ses patients préférés, vers lesquels il se dirige tout naturellement pour des échanges de bonheur bimensuels. Non seulement les personnes âgées s’attachent au cheval, mais elles s’attachent aussi à Hassen, le dresseur. Tous deviennent des amis. Bien sûr, le cheval est nettoyé avant chaque visite par mesure de précaution, et l’on s’assure qu’il ne défèque pas à l’intérieur de l’établissement. Le docteur Marie Lombard vante les vertus apaisantes de l’animal avec un patient souffrant de la maladie d’Alzheimer : 

    « C'est un monsieur très anxieux qui peut devenir violent en période de stress intense, mais quand il a rencontré Peyo, le courant est tout de suite passé, le cheval l'apaise. Depuis, il a accroché une photo du cheval à côté de sa table de chevet et dès qu'il sent l'angoisse s'emparer de lui, il la regarde et ça le canalise, pas besoin alors d'ingérer un médicament, sa consommation a significativement baissé ».

    Pour l’instant expérimentale, cette pratique d’avoir recours à un animal pour soigner des patients pourrait se généraliser et s’installer dans de plus en plus d’établissements, si elle prouve son efficacité sur le long terme.


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