• Les phoques en Écosse

    Il n'y a pas que l'industrie de la fourrure qui massacre des phoques. On a tous en tête l'image de ces bébés phoques, les blanchons, assassinés à coup de gourdin ou de pic à glace pour finir transformés en manteaux de luxe. La chasse aux blanchons, très médiatisée dans les années 1960, a en fait énormément diminué aujourd'hui. Elle est interdite en Europe, et fait l'objet d'une stricte réglementation dans la plupart des pays. 

    Bien des gens l'ignorent, mais dans les îles britanniques, l'une des principales menaces qui pèse sur les populations de ce mammifère marin n'est pas l'écorchage des bébés pour récupérer leur précieuse peau. En fait, le véritable ennemi des phoques, leur plus gros danger moderne se trouve... dans nos assiettes. Et pour cause, la pisciculture, et plus spécifiquement l'élevage de saumons, a tué plus de 1 500 phoques -- rien qu'en Écosse -- au cours des cinq dernières années, si l'on en croit un rapport du gouvernement écossais.

    Malgré son apparente douceur, le « loup marin » est un redoutable prédateur pour tout ce qui possède des nageoires et des écailles. Il peut engloutir jusqu'à 4 kilos de poisson par jour, lorsque la pêche est bonne. Et bonne, la pêche l'est assurément, lorsqu'ils décident de s'attaquer aux élevages de poissons, qui sont pour eux de véritables mines d'or où ils peuvent trouver de la nourriture en abondance.

    Alors, certains éleveurs de saumons d'Écosse, mais aussi d'autres pays comme la Suède ou la Norvège, engagent des chasseurs pour protéger les élevages. Leur mission : « réguler » les populations de prédateurs, ce qui, vous vous en doutez bien, est une manière délicate de dire « tuer ».

    Si la chasse aux phoques est officiellement interdite, il s'agit là d'une exception notoire : des licences sont accordées aux éleveurs pour leur permettre de défendre leurs propriétés, un peu de la même manière que des battues aux loups peuvent être autorisées ponctuellement (une centaine d'autorisations ont été accordées en Écosse depuis début 2017)

    Aujourd'hui, le Seal Protection Action Group (SPAG), une organisation non-gouvernementale britannique, attire l'attention sur cette pratique méconnue du grand public. L'ONG en appelle en fait au boycott du saumon originaire d'Écosse, tant que les producteurs concernés n'auront pas donné des garanties claires de l'arrêt de cette pratique. Si tous les producteurs n'ont pas forcément recours à l'appui de chasseurs pour tuer les phoques, il s'agit d'un moyen pour les consommateurs de faire pression de manière globale  et d'inciter ceux qui le font à changer rapidement de méthode de protection de leurs élevages.

    Des alternatives, il en existe pourtant bel et bien, et elles sont même plutôt efficaces, si l'on s'en tient aux chiffres. Le SPAG reconnaît ainsi que le nombre de phoques tués a chuté de près de 80% entre 2011 et 2015 — une amélioration rendue possible par l’installation de systèmes d’éloignement des phoques non-létaux, comme des filets de protection ou des émetteurs d’ultrasons.

    Alors, pourquoi ces méthodes, qui permettent aux éleveurs et aux phoques de cohabiter en paix, ne sont-elles pas appliquées de manière systématique, et les chasses « régulatrices » définitivement interdites ? C'est tout l'enjeu de l'appel lancé par le SPAG, qui a lancé une pétition en demandant aux consommateurs de s'engager par le boycott, afin de pousser producteurs et gouvernements à franchir le pas.

     


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